Dans quelques jours (1er au 9 août) vont débuter les 9e Jeux des îles de l’océan Indien à la Réunion.

Mayotte ne devrait pas faire de l’ombre au tableau des médailles aux géants de la zone que sont la Réunion, Maurice, Madagascar et les Seychelles. En revanche, tout le monde attend des basketteurs qu’ils renouvellent leur exploit de 2011 en ramenant une médaille. Mais, la concurrence sera rude. Nous avons pu voir comment ils se préparent pour cette échéance.

Fahdédine médaille d’argent : Fahdédine Madi Ali, porte-drapeau de la délégation mahoraise et médaillé d’argent en 2011 compte décrocher l’or cette année. Son concurrent le plus sérieux sera le porte-drapeau mahorais Soultoini Ali.« L’essentiel n’est plus de participer. » Le président du conseil départemental de Mayotte Soibahadine Ibrahim Ramadani a mis la pression aux 196 sportifs qui représenteront notre île lors des prochains Jeux des îles de l’océan Indien (JIOI) qui se dérouleront chez nos voisins de la Réunion. Il y a dix jours, il a présidé la cérémonie de distribution des équipements aux sportifs, dirigeants et officiels et il a clairement fait entendre qu’il attendait des médailles. Bien évidemment, les basketteurs masculins ont été mis en première ligne. Ils ont ramené en 2011 la médaille d’argent en s’inclinant de peu contre les Seychelles à domicile (66-64). Ils sont donc l’un des plus grands espoirs pour cette année. Toutefois, leur poule sera très compliquée. Il faudra affronter le tenant, les Seychelles et les frères Sylla, puis des Malgaches revanchards (éliminés sur réclamation des Mahorais il y a quatre ans) et enfin l’ennemi intime comorien et son géant vert Mavouna. Pour sortir de cette phase préliminaire de la mort, il faudra gagner deux rencontres au moins. Mais le mieux serait de toutes les remporter pour éviter les Réunionnais et leurs joueurs professionnels évoluant dans l’Hexagone en demi-finale. Les renforts de Kadri Moendadze (Cholet, Pro A) et de Rayane Ali Combo (centre de formation Boulogne, Pro A) ne seront pas de trop pour ce programme herculéen. Et s’ils chutent, la déception sera grande pour les dirigeants mahorais. Mais au vu du programme qui s’annonce, même si on ne leur souhaite pas, une sortie au premier tour ne doit pas être écartée.

Avant leur départ pour Maurice et leurs trois victoires contre la sélection locale, les Mahorais se sont préparés durement avec un entraînement quotidien après la prière du tarawih (22 h – 00 h) au gymnase Mamina Cicili de Labattoir. Contrairement à ses coéquipiers qui habitent la Petite Terre ou à Mamoudzou, Assani Souffou a dû aligner les kilomètres pour assister aux entraînements. Pompier à Longoni, Celui que l’on surnomme Moïso, doit rentrer chez lui à Sada à 19 h, pour repartir à 20 h 30 vers la Petite Terre.

La sélection de Hamza et Rifki fait débat

Pascal Luc Bruno (2e en partant de la gauche) distille ses consignes à ses joueurs lors de la préparation à Labattoir.Après l’entraînement, c’est à 1 h du matin qu’il arrive chez lui. Mais pour lui, ces sacrifices sont naturels. « Disputer ce genre de compétitions, ça n’arrive pas souvent, surtout pour quelqu’un comme moi qui joue à Sada. Les places sont chères et j’ai vraiment envie de participer à cette aventure. Ceux qui étaient aux Seychelles m’ont raconté ce qu’ils avaient vécu, la bonne ambiance qu’il y avait eu entre eux, forcément ça donne envie et je fais tout pour être parmi les 12 qui iront à la Réunion » nous avait-il indiqué. Il ne croit pas si bien dire en disant que les places sont chères. Kheldy Mohamed, médaillé d’argent en 2011 tout comme l’intérieur de Saint-Pierre Anli Souffou « Boina » (pourtant pré-selectionné à la Réunion) n’en seront pas, ce qui fait jaser dans le monde du basket mahorais. En effet, deux joueurs sont particulièrement visés. Hamza Ahamadi (Jeux d’Afrique et ex-pro à Fos-sur-Mer) et Rifki Saïd (Jeux d’Afrique) sortent de blessures graves et ont très peu joué. Récemment transférés au Vautour Club de Labattoir, club entraîné par le sélectionneur Pascal Luc Bruno, les deux joueurs ont une valeur intrinsèque indéniable. D’ailleurs, ils font parmi des piliers qui ont permis de récolter l’argent aux Seychelles. Mais pour beaucoup, malgré leur expérience, c’est la forme de la saison qui aurait du compter. Quoiqu’il en soit, il y a toujours des mécontents et c’est après la compétition que l’on jugera si les choix effectués par le staff mahorais étaient les bons ou pas.

Zou va nous faire du bien. D’habitude, on culmine maximum à 1,75 m, là elle prend tous les rebonds, elle shoote, cette année, ce sera notre année

Et si la surprise venait des dames ?

Rayane Ali Combo (avec le ballon) est suivi de très près par Assani Souffou (juste derrière lui). Le staff compte sur lui pour s’acquitter des tâches défensives.Si la pression est clairement sur les hommes (Soibahadine Ibrahim Ramadani a cité également nommément les handballeurs et les lanceurs de javelot comme espoirs de médailles), la bonne surprise pourrait venir des dames. En 2011, elles n’avaient pas été vernies en tombant dans la même poule que les Malgaches et les Réunionnaises, médaille d’or et d’argent. Cette année, elles seront avec les favorites malgaches et les Mauriciennes. Pour le sélectionneur Dhinouraïni El-Kader dit Mingo et son adjoint Djinak Abdou, l’objectif est clair : la médaille de bronze. « C’est vraiment jouable. Les Malgaches et les Réunionnaises sont largement au-dessus, mais les Mauriciennes, les Seychelloises et les Comoriennes sont à notre portée » résume-t-il. Et cette année, les Mahoraises auront un atout de taille. Dans la raquette figurera Zoulfaou Vitta, pivot mesurant 1,85 m et évoluant à Nantes-Rézé. « Elle va nous faire du bien. D’habitude, on culmine maximum à 1,75 m, là elle prend tous les rebonds, elle shoote, cette année, ce sera notre année » estime Mélina Nassur et Zoulfaou Vitta seront les fers de lance de la sélection féminine mahoraise.Mariame Hassani, la capitaine de la sélection féminine. Même les arbitres y vont de leur encouragement. Mohamed Yazid en est à ses troisièmes jeux en tant qu’officiel et pour lui, les Mahoraises sont enfin armées pour décrocher une médaille. « Depuis que l’on participe, je n’ai jamais vu une sélection féminine aussi forte. Là, elles ont tout pour se hisser en demi-finale. Après, il faudra tout donner contre les Réunionnaises et surtout lors du match pour la troisième place. Si elles arrivent en finale, ce serait un exploit » nous confie-t-il. Nos joueuses sont parties au Mans se préparer et récupérer d’autres joueuses évoluant dans l’Hexagone. Ensuite, il faudra être prêtes pour la rencontre décisive du 3 août contre les Mauriciennes et enchaîner par la suite les bonnes prestations afin de ne pas décevoir les espoirs présidentiels.

 

 

Faïd Souhaïli