La solidarité et la complémentarité sont les atouts majeurs de Fuz'ellipse.

C‘est la saison des premières pour Fuz’ellipse de Cavani. Après le titre de championnes de Mayotte décroché au début de ce mois, les Cavaniennes s’attaquent aux championnes de la Réunion, la Tamponnaise Basket-Ball (TBB). Des Réunionnaises qui dominent la scène régionale depuis plus d’une dizaine d’années, mais que les Cavaniennes espèrent faire douter un peu.

 

« Anziza, il faut coller la défense. Si tu lui laisses trois mètres, on va se faire allumer ! » Ianis Toumbou-Dani, président de Fuz’ellipse et co-entraîneur de l’équipe féminine hausse le ton lors du dernier entraînement disputé mardi sur le plateau de Cavani. Il sait que ces joueuses feront face ce samedi à une redoutable machine. La Tamponnaise Basket-Ball domine le championnat de la Réunion sans discontinuer depuis près de 10 ans et a même décroché un titre de championne de France Nationale 3 en 2015. Chaque année, les TBB Girls passent d’abord par la finale de zone contre les championnes de Mayotte. Une rencontre qui ne leur pose jamais de problèmes, tant la différence est grande entre les championnes de la Réunion et leurs homologues du département.

Mais, cette année, Fuz’ellipse veut enrayer la belle mécanique tamponnaise. « On veut les faire douter » souligne Ianis Toumbou-Dani.

fuzdefenseIanis Toumbou-Dani sait qu'il faudra une défense irréprochable pour limiter l'armada offensive des Réunionnaises.

Mais pour ça, encore faut-il que la défense soit irréprochable. Pendant près d’une heure, les filles de Fuz’ellipse répètent donc les systèmes défensifs. Et à chaque accroc, la sanction est la même : « Hop, hop, hop, on recommence » tonne le président-entraîneur.

Un effectif trop juste en quantité

Celui-ci espère que ses joueuses sauront se montrer à la hauteur de l’événement. Il pourra compter sur son duo de choc alsacien avec Céline Pfister à la mène et Marie Bohler dans la raquette pour semer la confusion dans la défense tamponnaise. Les deux leaders techniques seront accompagnées de coéquipières tenaces et volontaires. La plupart des joueuses sont arrivées la saison dernière, ce qui a laissé le temps de forger un collectif soudé et qui vit bien ensemble. La bonne ambiance est toujours de mise et permet de se surpasser.

fuzshootCéline Pfister, Florence Hostachy et Manon Pesqueira enchaînent les lancers-francs. Elles devront être performantes dans ce domaine si elles veulent inquiéter les Tamponnaises.

L’inconnue sera de savoir si l’équipe peut tenir physiquement. Privés de Manuella Djuatio et Samira Issihaka Abdillah, non qualifiées pour les matches de championnat, les coaches seront privés de rotations intéressantes permettant de faire souffler quelques joueuses. Pour certaines d’entre elles, il faudra tenir 40 minutes, ce qui n’est pas simple pour celles qui jeûnent en ce mois de ramadan. Et les filles de Fuz’ellipse n’auront pas leur public chaud bouillant avec elles. Elles pourront compter sur la communauté mahoraise de la Réunion, mais celle-ci devra se partager en deux contrairement aux années précédentes. En effet, la ligue réunionnaise n’a pas réussi à faire organiser la finale masculine et la finale féminine dans le même gymnase. Les Cavaniennes seront au Tampon à 15 h 30 (heure de la Réunion), tandis que le BC Mtsapéré chez les hommes seront à Saint-Paul à 20 h.

Quoi qu’il en soit, jouer cette finale de zone est déjà un grand pas en avant pour Fuz’ellipse. Et, quel que soit le résultat, il y aura beaucoup de leçons à tirer de ce match contre les ogres de la Tamponnaise.

Faïd SOUHAÏLI