Le basket mahorais est dominé par une poignée de clubs. Ces dernières années, les titres de champion sont souvent allés à Mtsapéré ou Labattoir, aussi bien chez les dames que chez les messieurs. Mais samedi soir, une nouvelle équipe s’est incrustée dans le club des champions. En effet, pour la première fois de son histoire, Fuz’ellipse de Cavani a remporté le championnat grâce à son équipe féminine.

 

« Et 1, et 2, et 3-0 ! » Le célèbre slogan des supporters des Bleus de 1998 a été repris plus de 20 ans plus tard au plateau polyvalent du Baobab à Mtsapéré par les supporters des Bleues de Fuz’ellipse de Cavani. En effet, les filles du président et entraîneur Ianis Toumbou-Dani ont disputé et remporté trois matches sur le terrain face au Basket Club de Mtsapéré (BCM), le club le plus titré chez les dames. Une première rencontre gagnée d’abord chez elle à Cavani 63 à 49. Puis une seconde au Baobab de peu 60 à 57. Une victoire qui normalement leur assurait le titre. D’ailleurs, le président de la ligue Hakim Ali Abdou avait donné la coupe à la capitaine Florence Hostachy et les Cavaniennes avaient déjà fêté leur titre. C’était sans compter sur une réserve posée par le BCM concernant Manuella Djuatio, arrivée en cours de saison après le mois de novembre, alignée lors du premier match de la finale du championnat et finalement considérée comme n'étant pas qualifiée pour disputer cette compétition.

 

fuzpfisterCéline Pfister a joué en Ligue nationale féminine 2, la deuxième division nationale à Strasbourg. C'est certainement la meilleure basketteuse évoluant sur l'île en ce moment.

La ligue a donc donné le gain du premier match par pénalité au BCM provoquant donc la tenue d’une troisième et dernière manche. Une rencontre qui a débuté tambour battant pour les Bleues puisqu’elles ont carrément asphyxié les Mtsapéroises en leur infligeant un 16 à 2 dans le premier quart-temps. « On était motivées, vraiment. Les joueuses, les dirigeants, les supporters, on avait vraiment envie de gagner sur le terrain » a d’ailleurs affirmé la meneuse Céline Pfister.

Le titre de champion et le voyage à la Réunion remis en cause ?

Les Mtsapéroises, championnes en titre, n’ont pu se remettre d’un tel départ catastrophique. Et bien qu’elles ont défendues avec agressivité et quelques coups distribués au passage, les Cavaniennes ont géré leur avance. Comme souvent, elles s’en sont remises à Céline Pfister. L’ancienne professionnelle (elle a joué à Strasbourg en Ligue féminine 2) a encore percé la défense du BCM grâce à ses dribbles ravageurs et ses interceptions décisives ont largement contribué à la victoire de Fuz’ellipse. Et elle a bien sûr fini meilleure marqueuse de la rencontre avec 28 points. L’autre atout des Cavaniennes a été la pivot Marie Bohler qui a dominé la raquette aussi bien sur le plan défensif qu’offensif.

Sur le terrain, il n’y a rien à dire, Fuz’ellipse a mérité son titre et son entrée dans la cour des grands. L’effectif est complet, l’entente entre les joueuses est très bonne et trois d’entre elles figurent dans la sélection de Mayotte qui s’apprête à disputer les Jeux des îles de l’océan Indien à Maurice en juillet. Le plus dur sera de confirmer. Mais pour l’instant, le club savoure.

fuzsupportersLes supporters de Fuz'ellipse ont chanté pendant tout le match 3 de la finale. Leurs banderoles fustigent les décisions administratives prises contre leur équipe.

« Avec toute la bataille qu’il y a eu sur le terrain et en dehors sur le plan administratif, mentalement c’est éprouvant mais je suis très heureux. Le club a été créé en 2000, 19 ans après, on décroche le 1er titre, enfin ! » nous a confié Ianis Toumbou-Dani. La dernière fois qu’une équipe autre que le BCM ou les Vautours de Labattoir avait gagné ce championnat, c’était en 2014 avec la victoire du Chicago Club de Mamoudzou. Et il faut remonter encore très loin pour avoir la trace d’un autre club champion de Mayotte chez les dames.

 

C’est donc un véritable tour de force qu’a accompli Fuz’ellipse. Mais samedi, la fête n’a pas été complète. En raison des pénalités subies pour avoir fait joué des joueuses non qualifiées, le club risque la relégation. Le titre de champion peut être remis en cause et Fuz’ellipse pourrait même se voir retirer le droit de représenter Mayotte lors de la finale de zone océan Indien Nationale 3 contre les championnes de la Réunion. Ce serait bien dommage, car avec cet effectif, on peut se mettre à rêver d’une rencontre plus équilibrée contre les ogres de la Tamponnaise.

Faïd Souhaïli