Des milliers de supporters comoriens ont afflué vendredi à Mitsamiouli pour suivre la sélection de football contre le Ghana. Et les joueurs sur-motivés ont fait plaisir à leurs supporters en obtenant un nul avant le match retour ce mardi à Kumasi.

 

Quand on aime, on ne compte pas ! Les supporters de la sélection comorienne de football aiment leurs joueurs et l’ont montré ce vendredi 13 novembre. Pour rien au monde, ils n’auraient raté le match aller du 2e tour préliminaire de la phase qualificative pour la coupe du monde 2018 opposant les Cœlacanthes aux Black Stars du Ghana. Officiellement, 5000 places ont été mises en vente et elles ont toutes trouvées acquéreurs mercredi, jour de l’ouverture de la billetterie. Les tarifs étaient de 4000 francs comoriens (KMF) en gradins, 8000 KMF en tribunes et 16 000 KMF en VIP (8, 16 et 32 €), tarifs pas forcément à la portée du premier venu. Mais en matière de football, les Comoriens font l’effort nécessaire pour soutenir leur sélection.Une supportrice des Cœlacanthes se protège du soleil avec son drapeau comorien.

Certains ont même pris le chemin du stade dès jeudi soir pour être sûrs d’entrer au stade Saïd Mohamed Cheikh de Mitsamiouli. Au prime abord, cette précaution pouvait paraître démesurée. Mais dans la pratique, elle était plutôt sensée. En effet, la route menant à Mitsamiouli est étroite. De plus, son état est très dégradé. Ce qui fait qu’il faut plus d’une heure et demie en temps normal pour relier les 45 km séparant la capitale Moroni (où étaient logées les deux équipes) à Mitsamiouli. Mais pour ce match, beaucoup ont choisi de partir dès 6 h du matin vers le nord de la Grande Comore. Le coup d’envoi était prévu à 15 h. Alors pourquoi un tel empressement ? D’abord parce que garer sa voiture près du stade est un exploit. Ensuite, parce que même s’ils étaient munis d’un billet, ils n’étaient pas sûrs d’avoir une bonne place dans le stade puisqu’il y a eu bien plus de billets vendus que les 5000 annoncés. Dès 9 h du matin, le stade Saïd Mohamed Cheikh était plein ! Les supporters des Cœlacanthes n’ont pas cesser de chanter « Allez les Veri »,ils ont dansé sous le soleil, tous vêtus de vert et brandissant le drapeau national. En plus de quelques « Allah Akbar », les vuvuzelas ont marqué leur présence sonore.

Certains supporters n’ont pas tenu à ce rythme effréné. Après le match, le Croissant rouge comorien a admis avoir évacué 46 personnes, la plupart ayant perdu connaissance, deux ayant subi des fractures suite à une bousculade. Les forces de l’ordre ont en effet repoussé des supporters qui voulaient entrer dans le stade sans billet.

Un stade plein six heures avant le coup d'envoi !

Le stade tombé dans sa torpeur vers 10 h 30 a retrouvé sa chaude ambiance vers 13 h quand les Coelacanthes ont fait leur entrée dans le stade. Les Ghanéens ont suivi juste après en chantant et dansant, avec le sourire, sûrs de leur force.La foule a rapidement entouré le bus des joueurs afin de les encourager.

Même quand tout un stade, en présence du président Ikililou Dhoinine entonne l’hymne national, on sent que les joueurs frissonnent de plaisir. Avec un tel soutien, impossible de se cacher et de faire semblant, il faut se donner à fond. C’est ce qu’ont fait les Cœlacanthes. Ils sont bien entrés dans le match, Halifa Soulé touchant le poteau dès la 4e minute. Les Ghanéens pour leur part ont été dangereux qu’à de rares occasions, surtout en fin de match où ils ont heurté les poteaux de Ben Salim Boina à deux reprises. Mais, aujourd’hui, les supporters comoriens en veulent surtout à l’arbitre assistant zimbabwéen qui a levé son drapeau après qu’Ali M’madi ait trompé de la tête Razak Braimah. Le but était parfaitement valable, ce qui a déclenché la fureur des supporters et encore une fois des encouragements encore plus forts pour les Verts. Malgré tout, le score de 0-0 les a satisfaits. Les supporters ont d’ailleurs gratifié les joueurs d’une immense ovation au coup de sifflet final. Certains ont tenté de se jeter dans les bras des joueurs pour les féliciter, mais l’armée veillait au grain.Ces supporters misaient sur une victoire des Comoriens sur le score de deux buts à zéro. Malheureusement pour eux, leur prédiction ne s'est pas réalisée.

C’est au son des klaxons que les supporters ont quitté Mitsamiouli. Comme à l’aller, le chemin a été long au vu de l’affluence. Après le passage des joueurs des deux équipes, le ballet des voitures s’est mis en branle vers Moroni et un concert improvisé sur la place de l’Indépendance. Aujourd’hui, les Cœlacanthes doivent renouveler leur performance au Baba Yara Stadium de Kumasi. S’ils éliminent le Ghana, ce sera un véritable séisme qui secouera le continent et les îles des Comores. Et les fans n’attendent que ça pour lancer des « Allez les Veri » dans tout le pays.

 

Faïd Souhaïli