L’athlétisme est la seule discipline qui a toujours ramené une médaille des Jeux des îles de l’océan Indien à Mayotte. Cette année encore, nos athlètes ont le potentiel nécessaire. Et dès hier, c’est Nasrane Bacar qui a ouvert le compteur à médailles avec une troisième place sur 100 m féminin.

 Elle est venue, elle a vu et malheureusement n’a pas vaincu. Nasrane Bacar, demi-finaliste cette année du championnat de France Elite sur 100 m a donc décroché la médaille de bronze. La Malgache Elodie Embony (11’’76) et la Réunionnaise Myriam Jalma (11’’77) ont été plus rapides, mais la pensionnaire du SU Agen se dit satisfaite de sa course. « Je suis à mon niveau, proche de mon record. La troisième place me va, l’important était d’avoir une médaille. C’est fait, je ne regrette pas d’être venue » nous a confié la jeune femme. Après la cérémonie protocolaire, des élus du conseil départemental, d’autres athlètes et d’autres personnalités sont venus prendre la pose avec la sprinteuse, en donnant l’impression de vouloir s’approprier le fruit des ses efforts. Mais ces responsables savent-ils que si Nasrane Bacar vivait à Mayotte, elle ne pourrait pas s’entraîner sur une piste digne de ce nom à Mayotte ?

Nasrane Bacar (au premier plan à droite) n'a pas déçu en rapportant la première médaille mahoraise de ces Jeux.

Aujourd’hui, l’heure est à la joie, mais si on souhaite que d’autres suivent ces traces, il faudra bien faire en sorte qu’ils puissent s’exprimer à Mayotte et ne pas compter que ceux qui sont formés ailleurs.

Djassime Ahamada n’a pas pu se hisser sur le podium, mais il a été confronté à une concurrence féroce. Sur 100 m, c’est le Maldivien Hassan Saaid qui l’a emporté devant deux Mauriciens. Le perchiste Daouda Amboudi n’a malheureusement pas pu franchir de barre.

Dans les jours à venir, c’est encore sur l’athlétisme que vont se reposer les espoirs de médaille avec notamment les lanceurs de javelot Fahdédine Madi, Soultoini Ali et Zoubert Combo, ainsi que la sprinteuse Myriam Mlazahahé.

 

Faïd Souhaïli