Mayotte est une destination de choix pour les ministres de la République. A chaque fois qu’ils débarquent, ils sont accueillis par des mbiwis, des danses traditionnelles et les sacro-saints colliers de fleurs.

Jeudi à la Réunion, c’est un véritable accueil ministériel qui a été donné à l’aéroport Roland-Garros aux sportifs mahorais qui représenteront Mayotte durant les dix jours à venir lors des Jeux des îles de l’océan Indien à la Réunion.

 S’il existait une compétition de l’accueil populaire, les Mahorais seraient certainement les grands favoris. Jeudi soir, les Mahorais de la Réunion, bien aidés en cela par le conseil départemental, ont déballé le grand jeu à l’arrivée de la délégation des 196 sportifs, dirigeants et juges-arbitres.

Le tennisman Rachadi Madi transporté par la ferveur des Mahorais de la Réunion.

Femmes apprêtées dans leur plus beau salouva faisant une haie d’honneur, orchestre de chigoma, avec tams-tams, sifflets et tambour de machine à laver, colliers de fleurs ont composé le cocktail plutôt détonnant de l’accueil des Mahorais sur le sol réunionnais. Avec en prime la présence de Ludy Langlade, Miss Mayotte 2014, tout a été fait pour que les Mahorais se sentent à l’aise. Et la sauce a pris. Certains comme le tennisman Rachadi Madi, raquettes à la main, se sont laissés entraîner dans un chigoma endiablé. D’autres comme le handballeur Zarouki Ali Minihadji ou la basketteuse Melina Nassur sont émus et se disent motivés pour ramener des médailles.

Pas d'accueil réussi sans un groupe de femmes jouant du mbiwi...

A quelques pas de là, les Seychellois qui comptent pourtant une délégation deux fois plus importante arrivent dans l’indifférence la plus totale. Si l’ambiance fournie à l’aéroport est la même dans les tribunes, les Mahorais auront un avantage non négligeable en terme de supporters. Les battements des baguettes sur le tambour métallique et les coups de sifflets ont vraiment l’effet dopant pour faire bouger nos athlètes.

ni sans un orchestre de chigoma

En tout cas, les Mahorais de la Réunion considèrent leur soutien comme un combat. « On veut montrer que Mayotte mérite sa place et il est important de nous battre aux côtés de nos sportifs pour dire qu’il y en a assez que nos voisins (NDLR : les Comores) nous barrent la route » explique Boustoini Hamada, agent à la Maison de Mayotte. Le président du conseil départemental Soibahadine Ibrahim Ramadani ne s’y est pas trompé en saluant la communauté mahoraise de la Réunion lors d’une réception au Moufia.

Selfie entre basketteusesZarouki Ali Minihadji sait désormais ce qu’il reste à faire aux sportifs mahorais. « On sait désormais ce qui nous attend, ils vont nous suivre jusqu’au bout, à nous de faire le nécessaire sur le terrain ».

 

Faïd Souhaïli