« On est chez nous et on fera ce que l’on veut chez nous. » Ces mots n’ont pas été prononcés par le premier ministre Manuel Valls lors de sa visite à Mayotte le 13 juin dernier. Mais c’est tout comme.

Tous les quatre ans depuis 2003, la question de la participation de Mayotte aux Jeux des îles de l’océan Indien avec le drapeau tricolore et la Marseillaise en cas de victoire revient. Le premier ministre s’est positionné devant les journalistes mahorais.

Les Mahorais disputeront les Jeux des îles de l’océan Indien avec le drapeau bleu-blanc-rouge et s’ils remportent une médaille d’or, bien sûr, ils auront droit à la Marseillaise.

Pourtant, rien n’est fait. La décision sera prise par le Conseil international des Jeux (CIJ) le 31 juillet, soit la veille de la cérémonie d’ouverture qui aura lieu à Saint-Paul à la Réunion. Alors, comment le premier ministre peut-il être aussi affirmatif ?
En 2003, Jacques Chirac avait promis la participation des Mahorais aux Jeux des îles à Maurice, eux qui en étaient privés depuis leur création en 1979. Mais arrivée à Maurice, la délégation mahoraise a déchanté puisqu’il lui a été interdit de participer en tant qu’entité propre. Pour ne pas faire mentir Jacques Chirac, des émissaires sont venus de Paris et ont pu obtenir la participation a minima des Mahorais au sein d’une bannière France océan Indien en se mélangeant avec les Réunionnais (ce qui a été impossible pour les sports collectifs).

A deux mois des Jeux, le premier ministre Valls a donc affirmé que cette fois-ci, ce serait la bonne. Et dans le mouvement sportif mahorais, on est plutôt confiant. « Il ne lancerait pas cela comme ça, s’il n’était pas certain de son fait » nous disent quelques dirigeants. Soit le gouvernement français est sûr que le CIJ votera en faveur d’une participation mahoraise en bleu-blanc-rouge, soit il passera outre. Manuel Valls doit recevoir le premier ministre comorien d’ici là et l’ambassadrice de France pour l’océan Indien Claudine Ledoux doit se rendre à Moroni prochainement. Ces rendez-vous seront l’occasion de réaffirmer la position française. Et de dire à l’Union des Comores que les jeux se déroulant à la Réunion, territoire français, la France peut faire ce que bon lui semble. Ce passage en force ne serait pas diplomatique, mais il ferait plaisir aux Mahorais. On verra ce qu’il en sera le 1er août lors de la cérémonie d’ouverture. Certains athlètes rêvent de chanter la Marseillaise, mais encore faut-il pour cela remporter une médaille d’or. Cela n’est encore jamais arrivé et l’occasion serait idéale à la Réunion.

 

F.S.