Il y a quatre ans, les athlètes mahorais étaient revenus des Jeux des îles de la Réunion avec 7 médailles sur les 13 de la délégation mahoraise. Cela devait être le début d’un plan de relance de la discipline, mais pas grand-chose n’a bougé et les espoirs de médaille reposent encore sur les lanceurs de javelot.

 

En débarquant de l’avion à Mayotte après les Jeux des îles en 2015, les athlètes mahorais étaient sur leur petit nuage. Fahdédine Madi Ali a décroché la première médaille d’or de Mayotte dans l’histoire des Jeux des îles de l’océan Indien (JIOI), il était accompagné sur le podium avec Soultoini Ali et Zoubert Combo. Il n’y avait que quatre compétiteurs, mais le symbole a été fort. Djassim Ahamada a lui aussi décroché l’or au saut en longueur, les autres médaillés étant Daouda Amboudi à la hauteur (argent), Myriam Mlazahahé sur 400 m et Nasrane Bacar sur 100 m (bronze).

À Mayotte, les responsables politiques et dirigeants sportifs ont promis de tout faire pour relancer la discipline, frappée par la non-reconnaissance de la ligue par la fédération française d’athlétisme depuis 2011. Une association, l’ADAM (Association pour le développement de l’athlétisme à Mayotte) a été créée pour que les activités reprennent. Depuis l’an dernier, cette association a été remplacée par le comité départemental d’athlétisme. Les personnes qui sont dans ce comité sont de bonne volonté, mais peu connaissent le haut niveau ni n’ont exercé de responsabilités de ce niveau.

AthleKamelZoubert Kamel Zoubert en stage à la Réunion en février dernier.

 

Tout est à refaire en tout cas, car peu de choses ont changé depuis 4 ans. Trouver des éducateurs compétents pour s’occuper des jeunes, former des entraîneurs et des officiels (juges, chronométreurs, etc.), construire des infrastructures aux normes pour accueillir des compétitions officielles, etc. autant dire que la tâche reste énorme. D’ailleurs, la délégation de Mayotte comporte des dirigeants arrivés dernièrement dans ce sport et certains entraîneurs n’ont pas encore les diplômes fédéraux.

Pour ces JIOI, contrairement à il y a 4 ans, la délégation de Mayotte ne pourra compter sur les Mahopolitains, les Mahorais nés ou ayant grandi en France hexagonale. En effet, le nouveau règlement précise que les participants doivent avoir le passeport de leur pays, mais surtout avoir été licenciés dans leur île au moins un an durant leur carrière sportive. Condition que ne remplissent pas notamment Djassim Ahamada ou Nasrane Bacar.

daoudaDaouda Amboudi (assis au centre) n'était pas sélectionnable pour cette édition des Jeux des îles.

Les espoirs de médailles reposent donc sur les lanceurs de javelot, Soultoini Ali et Zoubert Combo, les seuls athlètes de la délégation à avoir réalisé les minima. Ils se sont préparés plusieurs fois à l’extérieur et notamment en Allemagne. Tanzila Jean-Jacques, repêchée, car le règlement permet à une délégation d’aligner sur une discipline un athlète qui n’a pas réalisé les minima, pourrait elle aussi décrocher une médaille vu que le nombre de concurrentes risque d’être limité.

Pour le reste, il n’y aura pas de miracle. Hafidhou Saïdi sur 400 m n’a quasiment pas couru cette année et il est très loin de ses chronos qui lui avaient permis de décrocher la médaille de bronze aux Jeux des îles de 2007 à Madagascar, d’être vice-champion de France espoirs et de participer aux championnats du monde en 2008.

Kamel Zoubert et Naoumy Ali, eux aussi sont loin des minima. Mais les responsables du comité ont préféré les faire venir à Maurice quand même, tout comme Daniel Rachidi sur semi-marathon, épreuve qui n'avait pas besoin de minima.

Faïd Souhaïli

Pronostic 101 Mag : 2 médailles au javelot

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