Mayotte participe aux Jeux des îles de l’océan Indien (JIOI), depuis 2007. Depuis cette date, le cyclisme a toujours été présent, mais n’a jamais marqué la mémoire collective. Cette année encore, les 5 cyclistes mahorais vont tenter de sortir de l’ombre. Mais face aux armadas réunionnaises et mauriciennes, il sera encore difficile de rivaliser.

 

« On y croit, on y va pour faire un résultat. C’est vous qui dites que les Mauriciens et Réunionnais sont les favoris, mais on verra bien le jour J ! » Mansoibou Chabouhane, commissaire sportif au comité de cyclisme de Mayotte se veut résolument optimiste. Pourtant, les précédentes participations aux JIOI ont viré au supplice pour les cyclistes mahorais. Pour le contre-la-montre par équipes, Mayotte s’est retrouvée à chaque fois distancée par le trio majeur composé de Maurice, la Réunion et des Seychelles et du quatrième larron Madagascar. Et pour les courses individuelles, la meilleure place obtenue a été une 6e place pour une course en ligne aux Seychelles.

Pour tenter de bouleverser les pronostics, le comité a essayé de faire tout ce qu’il fallait pour mettre les cyclistes dans de bonnes dispositions. Le comité a obtenu les subventions nécessaires pour le matériel (un vélo de compétition en carbone vaut près de 10 000 euros l’unité) et pour financer un stage d’une semaine au Kenya et une sortie à Madagascar. « Pour ces deux destinations, nous avons choisi de rouler en altitude, afin de renforcer la préparation physique de nos cyclistes. Et si nous avons choisi le Kenya, c’est parce que nous pouvons rouler sur les plateaux en altitude, avec des conditions proches de Maurice notamment le vent et aussi parce que comme à Maurice, au Kenya on roule à gauche. Il y a 8 ans aux Seychelles, un de nos coureurs avait eu un accident et heurté une voiture parce qu’il roulait du mauvais côté de la route » explique Mansoibou Chabouhane.

VeloJIOIMalgré un matériel performant, les cyclistes mahorais auront du mal à soutenir la comparaison avec les favoris Mauriciens et Réunionnais.

Mais est-ce que cela sera suffisant ? Pas sûr et même les coureurs eux-mêmes ne sont pas convaincus. Mikidadi Ahmed dit Mataba est le leader de la sélection de Mayotte. Et selon lui, les Mahorais ne pourront pas rivaliser avec les meilleurs coureurs de l’océan Indien. « On est en retard et pour pouvoir faire le poids, il faudrait s’entraîner 3 fois par semaine à raison de 4 à 5 h par sortie. Nous travaillons tous, nous n’avons pas ce temps-là. Nous ferons du mieux que nous pourrons » nous a-t-il confié il y a un mois lors de la dernière compétition de la saison.

Il faudrait s'entraîner 3 fois par semaine, à raison de 4 à 5 h par sortie. Nous travaillons, nous n'avons pas ce temps là"

Il faut dire que pratiquer le cyclisme à Mayotte est un sacerdoce. Il y a peu de routes, celles-ci sont souvent en mauvais état. Or pour organiser une compétition dans des conditions optimales, il faudrait fermer les routes à la circulation, chose que la préfecture et les mairies de Mayotte autorisent rarement. Il faut donc faire avec la circulation. Et même si des voitures et des bénévoles en gilets jaunes sécurisent les courses, certains automobilistes ne respectent pas ce dispositif au risque de blesser les coureurs.

Et si depuis 12 ans, le cyclisme n’arrive pas à tirer son épingle du jeu, c’est aussi parce que les clubs sont rares et que la relève n’est pas préparée. Jusqu’à présent, il n’y a pas d’animation pour les jeunes, il n’y a pas de compétitions de jeunes. Difficile dans ses conditions de préparer la relève. C’est ce défi que le comité de cyclisme doit réussir pour espérer un jour soulever l’enthousiasme chez les Mahorais et attirer de nouveaux pratiquants.

Faïd SOUHAÏLI

 

Pronostic 101 Mag : 5e place pour le contre-la-montre par équipes, entre la 10e et la 20e place pour le contre-la-montre individuel, au-delà de la 10e place pour la course en ligne.

 

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