Il n’est pas un jour ou presque où l’on ne parle des kwassa à Mayotte. Ces frêles embarcations en plastique défient les flots entre l’île d’Anjouan avec à leur bord de nombreux candidats à l’eldorado mahorais. Des personnes qui fuient la misère comorienne, malgache, de l’Afrique des Grands Lacs, voire même de la Syrie ou du Bhoutan et qui risquent leur vie dans des embarcations qui font souvent naufrage entre le bras de mer qui sépare ses deux îles de l’archipel des Comores. Et qui en font un véritable cimetière marin.

Ces migrants, une bonne partie des Mahorais les supportent de moins en moins. En cause, leur trop grand nombre selon eux (selon l'INSEE, plus de 40% de la population habitant à Mayotte n'y est pas née), qui surchargent les services publics (écoles, hôpital, mairies, services sociaux) et qui empêchent tout développement de l'île. Cette exaspération a provoqué en les mouvements de décasage survenus en 2016.

Mais combien sont-ils à avoir perdu leur vie dans ces kwassa de malheur ? Difficile de répondre. Et qu’est-ce qui pousse vraiment à tenter une traversée de la mort ? Quelles sont les conditions de vie des clandestins à Mayotte ? C’est ce que le journaliste irlandais Ronan Kelly a tenté de savoir en venant à Anjouan et Mayotte en novembre dernier. Nous avons eu la chance et le privilège de l’accompagner, de lui faciliter les contacts et de lui servir de traducteur pendant 5 jours. Nous avons été accompagné en cela par la radio Domoni Inter, qui est très bien implantée à Domoni et sa région. De son voyage sous nos latitudes, il en a tiré un long reportage de 45 minutes pour l’émission Doc on One, diffusé à la fin du mois de décembre.

Nous en avons également profité pour rencontrer de nombreuses personnes pour qu’elles nous racontent leur quotidien et leur position sur le phénomène des kwassa. C’est ce que nous allons vous restituer en trois épisodes.

Bonne lecture à vous.

Episode 1 : Domoni Inter, la radio qui résiste à tout

Episode 2 : Fuir, une nécessité

Episode 3 : « Je ne suis pas un trafiquant d’êtres humains »