Une fois de plus la journée du 8 mars est quasiment passée inaperçue pour bon nombre de femmes mahoraises. Cette année pourtant un vent nouveau souffle sur l’île au lagon. La parité est en marche... au conseil départemental en tout cas.

Treize femmes vont venir embellir les rangs de l’hémicycle Younoussa Bamana. treize mères de familles, treize chatouilleuses nouvelles génération… prendront bientôt la relève de Sarah Mouhoussoune. La pionnière tire - momentanément - sa révérence à la politique.

 

Un vent nouveau, souffle et soulève l’enthousiasme chez de nombreux électeurs déçus par la politique de ces messieurs. Pourtant, à peine les premières candidates sorties de l’anonymat, voilà déjà que les critiques se font acerbes envers certaines. « Ignorantes… Charisme d’une huître… Français hésitant… Méconnaissance des dossiers… Ne sait même pas ce qu’est un conseil départemental… Une catastrophe !… Elles feraient mieux de retourner dans leurs cuisines... »

C’était prévisible, bon nombre de ces femmes n’ont pourtant rien à envier à beaucoup de leurs collègues masculins. Les Mahorais découvrent la parité dans son aspect le plus cruel. L’égalité homme-femme ne signifie pas qu’une femme doivent impérativement faire preuve de compétence pour être l’égale d’un homme. Elle implique plutôt qu’à incompétence égale, une femme ait autant de chance d’être élue qu’un homme.

Une vérité qui ne présage rien de bon pour le lendemain du vote. Le tout nouveau conseil départemental va-t-il donc voir son taux d’incompétents augmenter parmi les d’élus(es) ?

Pas si sûr. En effet, un certain nombre d’études réalisées sur la question ont démontré que pour s’imposer ou juste être acceptées dans un milieu masculin, les femmes devaient faire preuve de deux fois plus de rigueur et de travail. Si ce constat s’avère exact, les électeurs mahorais on peut-être raison d’avoir foi en leurs futures conseillères. Mais pour le moment la seule chose dont ils soient sûrs, c’est que l’arrivée des femmes au conseil départemental, va indubitablement marquer un coup d’arrêt - ou du moins une baisse - aux incessants aller-retour des élus vers Madagascar.

 

 

H.H.