Les embouteillages sont inévitables en heure de pointe aux entrées de Mamoudzou. Trop de voitures, des routes serrées, pas de transport en commun sont les raisons avancées pour expliquer cette situation. Mais, il en existe une que tout le monde fait semblant de voir : le mauvais comportement des usagers de la route.

 

Mardi, une armée de gilets jaunes munis de casques et de micro a arpenté les principaux ronds-points de l’agglomération de Mamoudzou. Semblant parler dans le vide, en fait, ils dictaient les 5 premiers caractères des plaques d’immatriculation à leur enregistreur. Ses 60 hommes et femmes ont participé à l’étude dirigée par le cabinet Ingénierie Sécurité Routière (ISR) et commandée par la DEAL. Objectif : connaître exactement les causes des embouteillages et pouvoir simuler un modèle dynamique de la circulation automobile à Mamoudzou.

Cette caméra a filmé toute la circulation passant par l'entrée Nord du centre-ville de Mamoudzou.

L’opération a été réalisée avec une vingtaine de caméras disposées près des ronds-points entre celui de Jumbo Score à Majicavo Lamir et le carrefour de Tsararano. Et en observant les écrans de surveillance, une raison saute aux yeux : l’arrêt intempestif de véhicules. Pour être encore plus clair, Armand Gosda du cabinet ISR nous montre une vidéo d’une précédente étude similaire réalisée sur le rond-point de Doujani. Celle-ci est un best of : un camion de ramassage d’ordures qui collecte une benne entreposée près du rond-point, un bus qui débarque des élèves, un taxi qui prend des clients et tout cela au milieu ou aux abords du rond-point !

 

25 % de véhicules qui circulent cherchent à se garer

 

Inutile de dire que ces arrêts sont immédiatement répercutés sur les véhicules suivants. « Un bus qui s’arrête 1 minute 30 et qui est suivi par 150 voitures, cela signifie que la 150e voiture partira 5 minutes après le redémarrage du bus. Et tout ça pour un arrêt sur la chaussée. Imaginez en cas d’accident » développer Armand Gosda. Pour lui, réduire les embouteillages est possible dans la configuration actuelle. « Il faut que les gens comprennent qu’il faut changer de comportement. Si les chauffeurs ne s’arrêtent pas n’importe où, on peut améliorer sensiblement la circulation sans pour autant faire de grands travaux » continue l’expert en circulation automobile.

Un camion poubelle s'arrête en plein milieu du rond-point de Doujani. Les bouchons se créent immédiatement selon Armand Gosda.

Encore faut-il avoir les emplacements nécessaires pour se garer. Dans certains cas, ils sont présents, dans d’autres, ils sont complètement absents. Armand Gosda a révélé que parfois dans une agglomération, 25 % de la circulation est composée de véhicules qui cherchent à stationner. L’étude qui doit être rendue dans deux mois révélera certainement si cette proportion est dépassée à Mamoudzou.

Quoi qu’il en soit, même si les automobilistes mahorais doivent se souvenir de ce dont ils sont appris à l’auto-école, il est une donnée qui est bien réelle : le nombre d’automobiles augmente de jour en jour et aucun transport en commun à l’heure actuelle n’échappe à ses embouteillages. Mais si tout le monde réclame la route de contournement, attention, celle-ci n’est pas la panacée. En effet, chaque nouvelle route devient un aspirateur à voitures. Et rien ne dit que celle-ci ne sera pas bouchée une dizaine d’années après sa réalisation, comme c’est le cas aujourd’hui de la rocade de M’tsapéré.

 

F.S.