Avoir un logement décent n’est pas donné à tous les Mahorais. Et depuis des années, le logement social est en panne. Mais avec la livraison de la résidence Apollo à Mgombani, l’espoir renaît.

 

 « Je vous l’avais dit qu’un jour Mgombani, ce serait Los Angeles ! » C’est avec un enthousiasme débordant que la 5e vice-présidente du conseil départemental et conseillère départementale de Mamoudzou 3 Mariame Saïd s’est félicitée de l’inauguration de la résidence Apollo à Mgombani. L’événement est certes important, mais Mgombani ce n’est pas encore l’Amérique. Mais il y a un vrai changement : deux résidences de quatre niveaux Apollo et Gemini (du nom de programmes spatiaux de la NASA dont un ancien directeur de la SIM était fan !) bordent l’artère principale avec le collège du quartier. Il en faudrait beaucoup plus pour se croire au cœur du centre-ville de la cité des anges et de ses gratte-ciels gigantesques.L'un des deux bâtiments de la résidence Apollo. Au total, ce sont près de 30 familles qui loueront ces nouveaux logements.

Toutefois, avec l’avènement de ce type de résidences, l’urbanisation des quartiers populaires de Mayotte change d’époque. Jusqu’à présent, ce type de bâtiments n’était visible qu’aux Hauts Vallons et aux Trois-Vallées, la nouvelle ville de Hamaha près du centre commercial Lukida (Jumbo Score). Et les Mahorais modestes devaient se contenter de la sommaire case SIM.

Désormais, ce sont de véritables appartements modernes qui sont à disposition des familles du quartier. Apollo, c’est 29 logements locatifs très sociaux, 10 locaux d’activités et de commerce. Les logements ont été attribués à 19 familles après diverses enquêtes sociales. Les dix autres serviront d’appartements-tiroirs : dix familles y logeront le temps que leur demeure soit réhabilitée, puis dix autres les remplaceront, et ainsi de suite jusqu’à ce que l’opération de rénovation du quartier de Mgombani s’achève.Mariame Saïd, 5e vice-présidente du conseil départemental, enseigne à Mgombani. Un quartier qui fait partie du 3e canton de Mamoudzou et qu'elle représente à l'hémicycle Bamana.

 

 

En attendant, les logements ont vraiment impressionné les visiteurs lors de l’inauguration : « On se croirait à Paris ! » a lâché Mariame Saïd en entrant dans un T4 situé à l’avant-dernier étage. En voyant l’îlot Mbouzi au loin et les tôles des cases SIM du quartier juste en dessous, l’impression paysagère n’est pas vraiment parisienne. En revanche, le grand salon avec un carrelage gris du plus bel effet, une terrasse bien ombragée, des chambres confortables et une salle de bain avec douche à l’italienne ont fait fondre d’envie bien des visiteurs, à commencer par les élus. De quoi donner envie à un nombre plus croissant de Mahorais de se loger dans des immeubles ?

On se croirait à Paris !

Même si beaucoup d’entre nous sont rétifs et sont attachés à la traditionnelle case avec cour et terrasse, ces conditions sont difficiles à obtenir en pleine zone urbaine. Le foncier manque et la population croît à une vitesse exponentielle. Le maire de Mamoudzou Mohamed Majani l’a d’ailleurs souligné : les besoins sont énormes en logement social dans sa commune et si des familles peuvent se loger convenablement à moins de 400 € par mois, ce serait déjà un pas en avant. Et vu la réaction des familles bénéficiaires, le programme comme les HLM dans l’Hexagone aura du succès.Le grand salon des T5 a impressionné plus d'un visiteur

Mariame Saïd a remercié les anciens maires Hassani Abdallah et Abdourahamane Soilihi « Ladjo » d’avoir contribué à ce que le projet Apollo arrive à terme. L’État à travers l’ANRU a également été remercié pour ce programme d’une valeur de 6 millions d’euros. En revanche, il y avait un grand absent : Mahamoud Azihary. L’ancien directeur de la SIM, aménageur, maître d’ouvrage et bailleur social n’a pas fait le déplacement et son nom n’a pas été évoqué. Pourtant, il aurait mérité comme tous ceux qui sont encore à la SIM d’être félicité. Grâce à lui et tous les partenaires de la SIM, le logement social repart après l’arrêt de la case SIM et l’échec du LATS. Il faut bien cela pour donner un logement digne à tous les habitants de l’île qui répondent aux critères.

 

Faïd Souhaïli