En matière de droit du travail et du droit syndical, il y a encore du chemin à parcourir à Mayotte :  ce  n’est un secret pour personne.

Cependant, il faut dire que l’on ne s’attendait pas à ce que les attaques contre les salariés se fassent de manière aussi grotesques. En quelques semaines, on a assisté à trois faits similaires, qui montrent que les patrons, profitant de la fragilité de leurs salariés, les manipulent et les érigent en défenseurs conscients de leurs entreprises respectives.
En effet, la Somaco dans une tentative de prouver qu’elle vend des produits non périmés et qu’elle ne maltraite pas ses employés, après les révélations de nos confrères de France Mayotte Matin, a fait descendre les salariés dans la rue pour une manifestation contre ce qui est sorti dans la presse.
Ensuite, il y a eu les agents de la DSDS, ainsi que les familles d’accueil qui ont débrayé, suite à l’attaque très médiatique de Jacques Martial Henry contre Mohamed El-Amine le directeur de la DSDS. Le fils du médecin, leader du combat de Mayotte française, était encore conseiller départemental de Mamoudzou 3 et occupait le poste de président de la commission sociale au sein de l’hôtel du département. Mohamed El-Amine a expliqué aux agents et aux familles d’accueil que depuis 30 ans qu’il est dans les services, il n’a jamais rien volé. Certains n’ont pas manqué d’observer qu’on était en plein période électorale… Cela sous entend que tous les coups sont permis. En effet, Jacques Martial Henry ne découvre pas la situation au sein de la DSDS qui a connu des grèves ces derniers temps. Alors pourquoi n’agir qu’à ce moment-là ?
Et enfin,  le 27 mars dernier, Mayotte se réveille avec la colère de Guito Narayanin, le patron d’IBS. C’est ainsi que les salariés de l’entreprise bloquent Combani, Longoni et Kawéni  avec les engins de la société. Le préfet Seymour Morsy l’avait rencontré trois jours auparavant pour lui signifier son départ de Kangani, suite au conflit qui l’oppose au propriétaire des lieux Frédéric D’Achery. Sur les ondes de Mayotte 1ère, Guito Narayanin assure que la décision de faire grève, en bloquant l’île pendant toute une matinée, émane des salariés, et qu’il n’y est pour rien. Et bien sûr, ce sont les salariés avec leurs maigres salaires qui ont acheté ces t-shirts imprimés « je suis IBS ».
Dans  un contexte insulaire où le marché de l’emploi est restreint  il est facile de faire des salariés des marionnettes

 

K.A.