Ce sont deux grandes figures de l’écriture de l’archipel qui ont disparu il y a quelques semaines.

Tout d’abord, la journaliste et historienne Hélène Mac Luckie s’est éteinte chez elle à Pamandzi le 30 mars des suites d’une longue maladie à l’âge de 84 ans. Puis le lendemain, c’est Salim Hatubou qui a succombé à une attaque cardiaque à Marseille à l’âge de 43 ans.
Hélène Mac Luckie avait été l’une des premières femmes mahoraises à avoir été scolarisée dans les années 1930 et 1940, ce qui lui a permis d’intégrer le lycée Jules Ferry à Antananarivo avant d’évoluer vers une carrière administrative dans l’armée.
Elle est connue à Mayotte pour sa passion de l’histoire et ses collaborations dans divers magazines, notamment Jana na Leo, qu’elle a dirigé durant de longues années jusqu’à ce qu’il disparaisse en 1996. Celle-ci s’intéressait surtout à la période des années 1960 à 1980, celle où Mayotte s’est séparée politiquement des autres îles de l’archipel.
Salim Hatubou pour sa part est né à Hahaya en Grande Comore avant de partir s’installer à Marseille au début des années 1980. Toutefois en partant pour la France, il n’oublie pas les contes que lui racontait sa grand-mère maternelle. C’est grâce à elle qu’il entreprendra d’écrire lui aussi des histoires et de coucher par écrit ce patrimoine riche et varié de la culture comorienne. Auteur prolifique, Salim Hatubou a écrit aussi bien des romans (notamment Hamouro, L’odeur du béton ou encore Le sang de l’obéissance), des contes pour enfants, des poèmes ou encore une fresque historique (Kara ou le destin conté d’un guerrier). Il a reçu des funérailles nationales le 8 avril dernier et un hommage est prévu pour lui le 14 mai à la Bouquinerie de Passamaïnty pour venir en aide à son épouse et ses deux enfants.