À Mayotte, nouvelle année rime souvent avec hausses… des prix, de la population et bien entendu de la criminalité.

 

Mais une fois n’est pas coutume, depuis décembre dernier, impossible d’avoir les chiffres sur la sécurité. À la préfecture, c’est l’omerta. Mais si ce silence de l’Etat ne présage rien de bon, il faut bien l’avouer, dévoiler de telles informations à la veille des élections départementales ne serait pas très judicieux, sauf si on compte faire le lit du Front national.

La rentrée solennelle du tribunal s’est donc faite sans ces données primordiales pour avoir une vision globale de l’évolution de l’insécurité à Mayotte. Un trou que le procureur, Joël Garrigue n’a pu combler, fin février, lors de l’installation du nouveau président du tribunal de grande instance. Le bilan de l’activité juridique de l’année 2014 ne montre qu’un aspect de la criminalité à Mayotte. En effet, il ne concerne que les personnes qui ont eu recours à la justice. Beaucoup ne portent même pas plainte. Ces données permettent néanmoins de voir la pression qu’exerce les délinquants sur l’ensemble de la population mahoraise.

Selon les chiffres recueillis par le Journal de Mayotte, un tiers des personnes mises en cause dans des crimes et délits sont mineures. Un taux qui monte à 60 % dans les cambriolages. Un cas unique dans toute la France. Mais la farandole des chiffres de la délinquance ne s’arrête pas là.

La justice constate aussi une hausse dans les dégradations de biens.

Une centaine de cas supplémentaires a atterri devant le juge pour enfants. Enfin, 543 jeunes ont été confiés aux services de la protection judiciaire de la jeunesse (PJJ). L’année dernière, 10 places de la prison de Majicavo étaient continuellement occupées par des moins de 18 ans. Seulement dix ? Diront certains... Oui seulement dix, parce que « la prison n’est pas la solution ». Alors en attendant de construire des centres plus adaptés, pour ces jeunes, ce sont les Mahorais qui devront vivre emprisonnés derrière les barreaux de leur maison.

 

 

H.H.