Chaque nouvelle grève des salariés de Total, met en avant la fragilité d'un secteur économique dépendant d'une seule firme pour son énergie. Quand les stations essence sont fermées, c'est toute l'île et notamment l'économie qui est bloquée. En 2013, une commission parlementaire s'était penchée sur les conditions d'exercice de Total dans les Outremer. Le député d'alors Ibrahim Aboubacar s'était sérieusement accroché avec feu Christophe de Margerie, le PDG de la multinationale. Petit rappel des faits.

 

Nous nous sommes interrogés sur la manière dont Total avait obtenu le monopole des hydrocarbures sur l'île. Et vous allez le voir, c'est bien la préfecture pour des raisons obscures qui a mis la pression sur le Conseil Général pour céder ce monopole en 2003.

Du foncier gratuit, exonération d’impôt et des aides aux investissements

On apprend même en écoutant l'ancien député de Mayotte Ibrahim Aboubacar que le CG a cédé gratuitement du foncier et aidé la société en l'exonérant d’impôts pendant des années.

Ibrahim Aboubacar dénonce les "cadeaux" faits à Total lors de son arrivée à Mayotte.


Pas étonnant , qu'après 7 années à refuser de transmettre les comptes de la société, on découvre en 2013 que Total réalise des marges faramineuses.

Des marges faramineuses

Selon les chiffres dévoilés par France Mayotte Matin en 2013, Total Mayotte a réalisé un bénéfice net après impôt de 6,2 millions d'euros sur un chiffre d'affaires de 52 millions durant l'année 2012. Soit une rentabilité financière de 21,9%.

La réponse de Christophe de Margerie : comme d'autres chefs d'entreprise avant lui, il menace de quitter Mayotte. Comme d'autres avant lui, le départ ne s'est pas concrétisé.


Après impôts, la SMSPP (Société Mahoraise de Stockage des Produits Pétroliers) qui n'est autre que l'autre filiale de Total a réalisé 4,5 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 36,5 millions. Soit une marge de 22%.
Les marges sont sensiblement les mêmes en 2011. Qu'en est-il aujourd'hui ?

H.H