On dit souvent que Mayotte manque de compétences. Mais les jeunes talents sont présents. Et l’entreprise Créa’Pépites s’est donnée pour mission de les faire émerger. Avec pour mission d’aider à la création d’entreprises.

 

« Mayotte regorge de jeunes talents cachés et nous nous associons à eux pour les faire découvrir. » Farda Mari est la gérante de Créa’Pépites. Elle sait de quoi elle parle. Ancienne de la Boutique de gestion, Farda Mari et ses trois collaborateurs sont spécialiste de l’aide à l’initiative économique. En résumé, ils accompagnent des porteurs de projet dans leurs démarches. Ils peaufinent le business model, vont chercher les aides à la création d’entreprises, s’occupent de toutes les démarches administratives. Tout ça pour faciliter les créateurs d’entreprise et faire en sorte que les projets naissent et deviennent pérennes.

 

Créa’Pépites se charge aussi d’orienter les jeunes chefs d’entreprise vers des formations en gestion, finance, RH, management, etc. afin qu’ils aient le bagage suffisant pour développer leur entreprise. Enfin, l’entreprise se charge aussi des études de marché, d’études économiques et sociales et d’enquêtes de satisfaction.

Une soixantaine de personnes a fait le déplacement pour ce cocktail.

Jeudi dernier, l’entreprise a invité autour d’un cocktail ses partenaires et clients pour se faire connaître davantage. Autour d’un orchestre jazzy, Farda Mari a invité trois porteurs de projet à se présenter. En effet, Créa-Pépites se réclame de l’économie sociale et solidaire. « L’humain est au centre de l’économie sociale et solidaire. L’argent n’est pas le plus important, mais c’est l’humain » a par ailleurs indiqué Soifaoui Loutfi, président de l’association ID en Or, qui promeut l’économie sociale et solidaire à Mayotte.

 

"J'ai fait un bond considérable sur le plan professionnel et personnel"

 

Parmi les trois porteurs de projet figurait Bouhyane Antufidine, gérant de l’auto-école Maki Conduite. Celui-ci a été aidé par Créa’Pépites et il a remercié l’équipe de Farda Mari. En effet, Bouhyane y a reçu une écoute favorable. « J’ai grandi à la Réunion, il y a eu une période tendue où j’ai fait quelques bêtises. Mais quand j’ai eu mon premier enfant, je ne voulais pas qu’il vive ce que j’ai vécu, alors j’ai fait un BEP électrotechnique. Et puis en 2010, j’ai eu un accident du travail, j’ai été hospitalisé pendant deux mois et j’ai subi quatre opérations. Après cela, je me suis dirigé vers Pôle Emploi et j’ai pu entrer dans une auto-école en observation, et je me suis dit c’est ça que je veux faire » a-t-il concédé.

 

Farda Mari, la gérante de Créa'Pépites

Il réussit sa formation de moniteur, mais son passé le rattrape une fois à Créa’Pépites. « J’ai été aidé, mais quand il a fallu demander mon dépôt de garantie, j’avais oublié que j’avais un casier judiciaire et que j’avais été placé en interdit bancaire. J’ai dû faire des pieds et des mains pour convaincre mon banquier que j’avais changé, que j’étais un autre homme » a-t-il dit avec le sourire.

Julien Maubert pour sa part est parti en formation grâce à Créa’Pépites. « J’ai fait un bond considérable sur le plan professionnel et personnel. Je suis une formation intitulée “Les clés du management”. Elle est dispensée par l’IAE Paris, ce sont des cadors dans leur domaine. Ils nous ont écouté et on s’est basé sur du réel » a-t-il-dit en soulignant que son ancien employeur ne lui avait jamais proposé une seule formation.

Sentir des gens heureux dans ce qu’ils font, les libérer pour qu’ils exploitent au mieux leur potentiel, c’est ce qui importe à Créa’Pépites et ID en Or. Et ils sont persuadés que c’est ce qui permettra à de nombreux Mahorais de s’en sortir d’un point de vue personnel, mais aussi du point de vue économique.

 

Faïd SOUHAÏLI