Elle a conquis les critiques au festival d’Avignon. De retour à Mayotte, la compagnie Ariart a confirmé son succès devant un public ravi. Le week-end passé, beaucoup ont fait le déplacement jusqu’à Kani-Kéli pour assister à la première de la pièce intitulée « Les dits du bout de l’île ». Le récit d’un « je viens de » qui redécouvre son île métamorphosée après plusieurs années d’absence.

 

Raconter Mayotte sans la dénaturer... la faire découvrir à l'extérieur sans tomber dans le piège du sensationnalisme... beaucoup se sont livrés à cet exercice périlleux et la plupart s’y sont cassé les dents. Dernier exemple en date, le livre controversé de Natacha Appanah sur les bidonvilles de Kawéni. Un roman à l'image des multiples reportages sur Mayotte diffusés sur les chaînes nationales.

Face à cette fascination quasi morbide de certains auteurs pour la misère et la violence, le texte de Nassuf Djailani mis en scène par El Madjid Saindou est une bouffée d'air frais.

 

La vision d'un enfant du pays qui redécouvre son île. Ses travers, et surtout ses habitants

 

Sa mère, figure de la boueni stoïque face à une société en mouvement, le voisin désabusé, mais lucide face à un système qui l'écrase en tant que Mahorais. L'expatrié rempli de préjugés ou la jeune fille moderne en pleine rébellion devant les traditions...

Ces personnes nous les côtoyons tous les jours. C'est vous, c'est moi... et à travers leur témoignage se dresse le vrai visage de Mayotte.

Ce visage qui a conquis le public du Festival d'Avignon, tout comme celui de Mayotte... car la force de cette pièce est de raconter un récit universel... une histoire qui parle à tous que l'on vienne d'Afrique, d'Asie ou d'Occident, celui du retour de l'enfant du pays.

 

Halda HALIDI