Dix jours maintenant que la grève générale pour l’égalité réelle est en cours. Ces derniers jours, toute l’île était bloquée dans des barrages. Toute l’île ? Pas tout à fait, les routes du Centre étaient étrangement accessibles. Une situation atypique qui risque de changer dès ce lundi 11 avril.

 

« On va vous montrer : nous aussi, on sait faire grève ! » Rafouza Youssouf Ali, membre de l’UDFO est catégorique devant ses collègues grévistes. En effet, en ce dimanche, les syndicalistes font le bilan des jours passés autour d’un voulé. Et force est de constater que peu de grévistes ont apprécié la relative liberté de circulation qu’ont eue les habitants du centre de l’île de Mayotte ces derniers jours. Alors qu’à Dzoumogné, Tsararano, Bandrélé, Chirongui, Mtsangamouji et dans la commune de Mamoudzou, des barrages ont rendu les allées et venues très compliquées pour les automobilistes, avec des embouteillages monstres, au Centre, rien de tout cela. À part quelques barrages érigés par ci et par là par de jeunes enfants et par ailleurs vite levés, entre Poroani et Tsararano et de Coconi à Combani, il était possible de circuler sans problème.Rafouza Youssouf Ali (en robe rose) est déterminée à montrer aux autres leaders syndicaux que le Centre de Mayotte est capable de bloquer les routes aussi efficacement que le Sud à Chirongui ou le Nord à Dzoumogné.

 

Le droit social de Mayotte à des années-lumière du droit social de l'Hexagone

« C’est une grève qui concerne tout le monde ! » ont martelé les responsables syndicaux. En effet, le mot d’ordre rappelle que les conventions collectives dans le privé ne sont pas encore appliquées, que l’indexation n’est pas encore au même niveau qu’à la Réunion que les retraites sont encore misérables, que malgré le statut de département français, les droits des travailleurs à Mayotte sont à des années-lumière de ceux de leurs homologues de l’Hexagone et des autres départements d’Outremer.
Alors pas question que les Centristes se mettent à l’écart. Eux aussi doivent montrer qu’ils sont solidaires et qu’ils peuvent bloquer la population pour mettre la pression au préfet Seymour Morsy et au gouvernement.C'est autour d'un voulé (grillades) que les syndicalistes ont affiné leur stratégie de blocage des routes pour cette semaine.

 

De nombreux leaders syndicaux habitent au Centre

Cette liberté de circulation a été mal reçue d’autant plus que bon nombre de responsables syndicaux habitent ou est originaire du Centre. Ansuffoudine Port-Saïd, bras droit de Rivomalala Rakotondravelo au SNUIPP et co-secrétaire départemental de la FSU habite à Ouangani. Salim Nahouda, secrétaire général de la CGT-Ma, Maoulida Momed, secrétaire départemental du SAEM, Rafouza Youssouf Ali de l’UDFO habitent à Sada. Nourdine Dahalani de l’UDFO est basé à Combani. Bref, tous ceux que l’on a l’habitude de voir à Mamoudzou doivent faire leurs preuves chez eux.

Et autant dire que la détermination sera là. Alors si les déplacements sont vraiment indispensables, sachez que vous irez plus vite à pied. Si vous tenez vraiment à bouger avec votre véhicule, armez-vous donc de patience parce que vous n’irez pas bien loin.

 

Faïd SOUHAÏLI